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Cercles conteurs dans les écoles du montrésorois : ça continue !

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Les élèves de maternelle et de CP des écoles de Genillé, de Loché-sur-Indrois, de Nouans-les-Fontaine et de Villeloin-Coulangé bénéficient depuis l'année dernière de cercles-conteurs grâce à l'intervention d'Anne-Karen de Tournemire.

Les enseignantes des écoles du montrésorois ont vu de nombreux bénéfices sur les élèves, notamment pour l'enrichissement du vocabulaire et la pratique de l'oralité. Ainsi, Terrecole a reconduit les cercles-conteurs pour cette nouvelle année scolaire.

Anne-Karen de Tournemire, conteuse, nous en dit plus sur ses interventions dans les écoles.

En quoi consiste un cercle conteur ?

Anne-Karen de Tournemire : Il s’agit d’instaurer un rendez-vous régulier (même jour, même heure) avec les enfants et leur équipe enseignante chaque semaine en période 2, pour non seulement leur raconter un large corpus d’histoires, mais aussi essayer de le leur transmettre.

Selon le lieu où j’interviens, j’installe moi-même des tapis/coussins en cercle ou j’arrive dans un espace déjà aménagé par celles qui m’accueillent (il n’y a que des maîtresses cette année). Puis tous les participants préalablement déchaussés prennent place dans le cercle : conteuse, enfants, enseignantes, ATSEM, stagiaires...

Déroulé d’une séance : on se salue ; suit un rituel sous forme de petite histoire en randonnée dite ensemble, toujours la même ; puis viennent les histoires, ponctuées de devinettes, de comptines, jeux de doigts et chansons.

Les petites sections commencent toujours avec « toc toc toc monsieur Pouce » et finissent avec « ainsi font les petites marionnettes ». Pour chaque histoire racontée, je sors une boîte de ma valise noire. Dans la boîte se trouve « l’histoire » sous la forme d’un ou plusieurs accessoires qui servent de support au récit (il n’y a pas de livre).

Selon l’âge des enfants, je raconte d’une demi-heure à une heure, environ 5-6 histoires plus ou moins longues et à la fin de la séance on se donne rendez-vous pour la semaine suivante. Le cercle nous met tous·tes à égalité et portée de regard. C’est un espace bienveillant où la parole de l’autre est respectée et où il n’y a pas de « faute » à corriger. Il faut trouver un équilibre entre la liberté d’expression des enfants et le calme nécessaire pour pouvoir écouter les contes dans de bonnes conditions.

Très vite les enfants se mettent à participer en reprenant les refrains des contes en randonnée ou des chansons puis à raconter à leur tour.

Quelles sont les es compétences autour de l'oralité et du vocabulaire développées par les enfants ?

Anne-Karen de Tournemire : Je raconte en moyenne 2-3 nouvelles histoires par séances et en répète 2-3. Ce caractère répétitif des contes permet aux enfants de s’approprier un large vocabulaire « incarné » par l’histoire, ses personnages, les images et les émotions auxquelles elle est liée. Ainsi avec les animaux qui viennent aider les hommes pour essayer de faire revenir le soleil nécessaire à la vie sur la terre (Comment le soleil est venu sur la terre, conte étiologique du Laos), dès la deuxième écoute les enfants savent redire que la vache meugle et que le hibou hulule.

On s’appuie sur le plaisir de dire et redire certains mots, certaines phrases qui riment comme autant de formules magiques et poétiques (Pique et pioche et ramassons, de la chaux, de la terre pour faire une p’tite maison, disent les 3 poules de ma version charentaise des Trois petits cochons).

Les histoires en randonnées proposent des chemins : une chose découle d’une autre, il y a un ordre à respecter. Ce jeu de logique entraîne souvent les enfants les plus timides à participer. Les enfants collaborent également à la construction du récit. Ainsi dans la randonnée de la carotte, ils proposent eux-mêmes les noms des 8 personnages qui tour à tour viennent tirer pour la faire sortir de la terre.

Agrandir son vocabulaire, prendre la parole devant les autres, s’écouter, autant d’apprentissages développés par les enfants de manière ludique et vivante avec le cercle-conteur.

Quel travail conduisez-vous avec les équipes pédagogiques ?

Anne-Karen de Tournemire : Je rencontre les équipes pédagogiques avant d’intervenir avec leur classe. On se met d’accord ensemble sur le lieu où se dérouleront les séances (salle de motricité, salle des fêtes, classe) et sur un répertoire (cette année le répertoire des CP est constitué en bonne partie autour des thèmes du voyage et de la mer par exemple).

Il y a 8 classes et 4 niveaux concernés : il s’agit d’adapter le plus possible mon répertoire aux projets de classes des enseignantes et à leurs retours, de semaine en semaine, tout en dressant un panorama le plus complet possible des différents types de contes : jeux de doigts, comptines, chansons, randonnées, contes d’animaux, contes étiologiques, contes merveilleux et devinettes pour les plus grands.

La participation active des enseignantes et des ATSEM est un atout majeur : non seulement elles connaissent les enfants mieux que quiconque et peuvent accueillir tel ou telle sur leurs genoux par exemple (parfois les histoires peuvent faire peur !), mais en plus elles aussi s’emparent des contes et développent leur confiance dans leur capacité à raconter sans livre. A la fin du cycle, je leur transmets les contes les plus racontés pour qu’elles continuent à le faire avec leurs élèves si elles le désirent.