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La sophrologie s’invite à l’école de Genillé

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Lucie Gourdault-Montagne, sophrologue, a réalisé dix séances auprès des élèves de l’école de Genillé. Ces séances ont été l’occasion pour les enseignantes d’être formées à des techniques de sophrologie qu’elles pourront utilisées à tout moment avec les élèves.

La sophrologie a fait l’objet de nombreuses demandes par les enseignants du territoire en tant qu’elle accompagne le développement des compétences psychosociales des élèves.

Terrecole a permis de financer cette action à Genillé, et désormais dans d’autres écoles.

Lucie Gourdault-Montagne nous fait part de son retour sur cette première expérimentation sur le territoire du Val d’Indrois.

Lucie Gourdault-Montagne, en quoi consiste la sophrologie ?

Lucie Gourdault-Montagne : Le terme « sophrologie » vient du grec et veut dire littéralement : étude de la conscience en équilibre. C’est une discipline qui a été créée dans les années 60 par un psychiatre, le Professeur Alfonso Caycedo. Concrètement, la sophrologie consiste à pratiquer des exercices aux mouvements simples qui activent la prise de conscience du corps. Apprendre à connaître son corps, c’est apprendre à se connaître soi-même.

Lucie, quels sont les avantages de la pratique de la sophrologie pour les élèves ?

Lucie Gourdault-Montagne : Lorsqu’on a conscience de son corps, on se sent plus équilibré et plus centré, et beaucoup de bienfaits découlent de cette perception : confiance en soi, amélioration du sommeil, gestion des émotions, meilleure concentration etc.

On part du principe que si chaque élève se sent bien, c’est le groupe qui fonctionnera bien. Faire pratiquer des techniques de sophrologie à une classe contribue aussi à l’harmonie de groupe et à la bonne humeur générale.

Les élèves de primaire sont une bonne partie de la journée assis et peuvent peiner parfois à rester concentrés : pratiquer une technique de sophrologie, même très courte, entre deux matières peut aider à maintenir leur concentration. Le corps a besoin d’être en mouvement pour intégrer les informations, le corps a besoin de relâcher les tensions, le corps a besoin d’être sollicité pour apprendre mieux.

Les élèves de maternelle sont, eux, dans la découverte du monde extérieur et du rapport à l’autre. Leur apprendre à percevoir leur corps et leur place peut les aider à ce que tout ce processus d’ouverture au monde se déroule sereinement.

Aussi, n’oublions pas que les enfants sont notre relève. Plus tôt ils ont des outils pour se connaître et se gérer physiquement, mentalement et émotionnellement, mieux c’est. Un enfant qui apprend à se connaître dès petit sera un adulte faisant preuve d’authenticité, qui s’affirme et qui prend ses responsabilités.

Lucie, comment avez-vous adapté la pratique de la sophrologie aux élèves et dans le cadre de la classe ?

Lucie Gourdault-Montagne : Les enfants (et pas seulement !) ont besoin de trouver un aspect ludique dans les exercices proposés. Associer des images à des techniques aide à leur bonne compréhension et leur intégration. Par exemple, si on commence à travailler la respiration, cela n’a pas beaucoup de sens de demander à un enfant d’inspirer par le nez et de souffler par la bouche. En revanche, si on propose à l’enfant de respirer une fleur imaginaire et de souffler sur une bougie imaginaire, cela va être beaucoup plus concret, l’enfant réussira à se concentrer sur une image qu’il connaît et l’exercice obtiendra de bien meilleurs résultats.

Les techniques sont ensuite bien sûr adaptées selon les âges. Il y a des techniques qui peuvent être pratiquées seulement à partir d’une certaine maturité. Par exemple, quand on fait fonctionner la mémoire ou le mental, l’exercice n’est souvent pas adapté aux tout-petits.

Ensuite, chaque classe a sa dynamique et sa façon de fonctionner. J’ai essayé de

m’imprégner le plus possible des ambiances pour naviguer et maintenir l’attention des élèves le plus longtemps possible. J’ai un tronc commun de techniques que j’adapte en vocabulaire et en durée selon l’atmosphère du moment. Certaines classes ont besoin de beaucoup bouger, d’autres de se calmer... les techniques qui fonctionnent bien avec une classe ne sont parfois pas efficaces dans une autre, il faut s’adapter !

Après mon passage, les maîtresses, qui connaissent leur classe mieux que personne, sauront choisir la technique la plus adaptée à chaque situation.

Lucie, quels échanges avez-vous eu avec les enseignantes pendant les 10 jours d’intervention ?

Lucie Gourdault-Montagne : Les échanges avec les enseignantes ont été volontairement limités pendant les interventions.

J’ai essayé le plus possible de ne pas perturber le cours de la journée et de me concentrer directement sur les enfants. Quand elles le pouvaient, les enseignantes ont pratiqué les techniques en même temps que les élèves. C’est un point important car les enfants voient que la pratique de la sophrologie est aussi bénéfique pour les adultes que pour eux. En outre, les élèves aiment beaucoup partager des moments avec leur maîtresse.